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Histoire de Mlle A. province de Kampong Cham - Cambodge

Mlle A. est une jeune femme de 28 ans, mais qui en parait à peine 22, originaire de la province de Kampong Cham.
Cadette d’une fratrie de cinq enfants, elle a quitté sa famille et son village natale depuis plusieurs mois pour venir s’installer seule à la capitale, Phnom Penh, où elle a pu trouver un travail d’ouvrière dans une usine textile. Mlle A, est célibataire et seule sa famille venait de temps en temps lui rendre visite, mais le transport étant coûteux, les visites se font plus rares.

Depuis un an environ, Mlle A. souffre d’une insuffisance rénale chronique qui s’est soudainement aggravée. Depuis une dizaine de jours son état général s’est tellement aggravé qu’elle a dû être hospitalisée dans le service de médecine pour les indigents de l’hôpital Calmette. Elle est très fatiguée et souffre de douleurs diffuses dans tout le corps. De plus,  elle éprouve des difficultés à respirer et à dormir en lien avec un syndrome anxieux important.

Les résultats d’examens ne sont pas bons.  Sa maladie entre dans l’état terminal. Seule une hémodialyse permettrait de ralentir sa progression. Malheureusement, ce traitement est trop onéreux pour la patiente qui n’a pas les moyens de le payer. L’équipe soignante du service se rapproche alors de l’équipe technique de DSF pour une prise en charge conjointe de Mlle A. afin de lui proposer une prise en charge palliative visant à soulager ses symptômes d’inconfort et à lui proposer un accompagnement psychosocial et spirituel.

Le médecin du service responsable de Mlle A. et les Assistants Techniques de DSF (médecin et infirmier) se chargent ensemble de parler à la jeune patiente pour lui expliquer l’évolution de sa maladie, sa gravité, répondre à ses interrogations et gérer les symptômes dont elle se plaint : asthénie, dyspnée, tachycardie, céphalées, insomnie et angoisse.

En lien avec l’équipe soignante, le travailleur psychosocial de DSF lui apporte une écoute attentive et bienveillante.

Les jours passent et ce travail pluridisciplinaire autour de Mlle A. porte ses fruits : un consensus d’équipe est trouvé quant au traitement de l’anxiété responsable des insomnies de la patiente. Le compagnonnage du médecin a permis de valider l’intérêt des traitements de confort malgré le risque de leurs effets délétères. Mlle A. est enfin plus détendue et reposée ce qui permet à l’équipe d’aborder l’irréversibilité de sa maladie. Elle se saisit de toutes ces informations, semble les intégrer et les comprendre. Les liens de confiance qui se sont créés entre elle et le travailleur psychosocial lui permettent de se livrer, parler de ses angoisses et de son devenir. Elle lui exprime son besoin de rencontrer des bonzes afin de bénéficier de prières et de leur remettre des offrandes pour alléger sa prochaine vie de réincarnation. Elle parle également de son projet d’intégrer la pagode à sa sortie d’hôpital, si son énergie le lui permet, afin de devenir none.

  Grâce à son réseau de partenaires, le travailleur psychosocial facilite la venue des bonzes à l’hôpital en contactant une ONG locale, SCC[1]. Visiblement apaisée par ce rituel et l’accompagnement de l’équipe, Mlle A. demande à rentrer au domicile de ses parents. L’équipe organise donc sa sortie d’hôpital prévue dès le lendemain. Les soignants l’informent qu’en cas de besoin, elle pourra réintégrer le service ou bien s’adresser à l’hôpital de référence de sa province d’origine. Mlle A. laisse ses coordonnées au travailleur psychosocial qui prendra soin de garder contact avec elle.

 Cette prise en charge nous a semblé intéressante à partager car elle démontre que le partenariat entre équipes, favorisant l’adhésion de la patiente à son projet de soin, a permis un accompagnement palliatif de qualité. Cette situation montre tout l’intérêt de l’association des compétences de chaque membre de l’équipe et de la réflexion partagée indispensables à l’optimisation d’une prise en charge palliative.

Souhaitons à Mlle A. de vivre les derniers temps qui lui restent paisiblement.
 
L’équipe DSF-Cambodge

 
[1]SCC: ONG locale qui prend en charge gratuitement la visite par les bonzes pour les patients indigents ainsi que les frais d’inhumation.

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