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Comment soulager Rachana et Panhavath?

Comment soulager Rachana et Panhavath?

A l’Hôpital National Pédiatrique (NPH)  de  Phnom  Penh  (CAMBODGE),

Douleur Sans Frontières intervient depuis novembre 2007 dans le but de restaurer l’autonomie et les capacités relationnelles des enfants douloureux, en améliorant la qualité de leur prise en charge au cours des épreuves douloureuses qu’ils subissent, par

  • une meilleure évaluation de la douleur de l’enfant ainsi que des symptômes d’inconfort
  • une adaptation du traitement médicamenteux et des techniques non médicamenteuses
  • une amélioration des connaissances et du savoir-faire des soignants de pédiatrie (soutien technique au lit du patient, stages pratiques, formation théorique…)

Qu’en est-il en 2009 ?

 

Si de nombreuses formations théoriques et pratiques ont été menées à bien auprès des médecins et des infirmiers du Cambodge, si la disponibilité des médicaments n’est plus un problème majeur du fait de l’approvisionnement par DSF, il n’en reste pas moins vrai qu’il reste encore beaucoup de travail pour atteindre les objectifs cités. C’est pourquoi, DSF continue toujours à travailler avec les autorités sanitaires du pays pour améliorer l’approvisionnement en antalgiques. D’autre part, des spécialistes DSF sont mis à disposition pour assurer un soutien technique auprès des équipes soignantes directement au lit des patients

Rachana est une belle petite fille née il y a 8 mois avec une malformation faciale. Elle est souriante, très communicative, tend les bras, gazouille et se blottit volontiers contre le sein maternel. Elle vient d’être opérée au niveau de la face. A distance de l’anesthésie, elle est méconnaissable. Son visage est grimaçant, ses jambes tendues s’agitent, elle pousse de gros hurlements et des sanglots, elle refuse le sein et sa maman ne peut plus la consoler… Le traitement antalgique a été instauré. Le soutien technique auprès des équipes chirurgicales rappelle l’intérêt d’appliquer le traitement antalgique post opératoire pour redonner à Rachana toute la vitalité et la joie de vivre qu’elle manifestait auparavant.

Périodes de pleine conscience, périodes de délire, Panhavath, 13 ans, souffre de céphalées intenses dues à une méningite rebelle au traitement curatif. Hier, figé dans son lit malgré le traitement antalgique, Panhavath, en dépit de sa faiblesse, joignait ses mains devant son visage avec un petit sourire de reconnaissance pour me saluer. Aujourd’hui, les céphalées tenaces ont conduit au traitement par des antalgiques plus puissants… Panhavath  va quitter ce monde…Pour mieux soulager cet enfant, le soutien technique, réalisé par le médecin DSF auprès des équipes médicales, encourage le passage aux antalgiques forts qui reste encore d’exception dans les services, interpelle sur la recherche de confort  (les massages et soins de bouche) et le dialogue en vérité avec les parents…Ce soir, Panhavath est paisible, ses parents ont glissé un rouleau de plusieurs billets de riels dans la main de leur fils, rituel dans la religion bouddhiste et signe de compréhension d’une fin proche.

Rétablir la fausse idée de croire qu’un bébé  ne souffre pas, dédramatiser l’usage des antalgiques forts, rappeler l’importance des soins de confort et accompagner les parents dans les moments difficiles sont autant d’exemples qui témoignent de l’importance d’une équipe spécialisée de  DSF pour encourager et favoriser la prise en charge de la douleur et de soins palliatifs à l’Hôpital National Pédiatrique. Ce médecin DSF interpelle, et se laisse interpeller, au quotidien dans les services de pédiatrie, aux côtés des équipes soignantes, rappelant la nécessité de prendre en compte la douleur de l’enfant et la recherche de son confort dans les moments difficiles, tout en soutenant les parents dans leur rôle d’accompagnateurs privilégiés.

Le 27 avril 2009

Gabrielle Bilocq  (Médecin DSF)

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