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Encyclopédie de la douleur

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Article aléatoire : Algies vasculaires de la face

C. THUREL

 

EPIDEMIOLOGIE :

Beaucoup plus rare que la migraine, incidence : environ 5 cas pour 1000 habitants.

Atteignant l'homme 4 à 5 fois plus fréquemment que la femme, l'âge de début se situe habituellement entre 20 et 30 ans (jamais avant 10 ans, rarement après 60 ans) et le caractère

familial habituel dans la migraine n'existe pas ici.

 

ASPECT CLINIQUE :

Caractères cliniques extrêmement stéréotypés. Comme le soulignait LAPLANE en 1971 "une fois que l'on a compris de quoi il s'agissait, on peut précéder le malade dans sa description".

De façon schématique, l'aspect clinique de l'AVF comporte 3 volets: le diagnostic clinique comporte donc 3 éléments :

             - l'accès douloureux, (tableau I)

            - la description de la salve, (tableau II)

            - l'évolution dans le temps.(tableau III)

 

Tableau I : L’accés

A) l'accès:

            - la douleur dont le début est très rapide (1 à 2') a les caractéristiques suivantes:

                        * strictement unilatérale

                        * orbitaire, péri-orbitaire, rétro-orbitaire

                        * extrêmement sévère

            - la douleur s'accompagne d'au moins l'un des signes suivants (du côté de la douleur)

                        * congestion nasale ou rhinorrhée

                        * myosis, ptosis, oedème de la paupière

                        * sueurs

                        * rougeurs de la face

            - la durée de l'accès douloureux varie de 15 à 180'


Tableau II : la salve

B) la salve

L'accès douloureux va se répéter tous les jours pendant 3 à 16 semaines pour réaliser une salve avec :

            * une à deux crises par jour (toujours du même côté)

            * survenue fréquente à heure fixe et souvent la nuit

            * déclenchement des crises par l'alcool, certains aliments (nitrates), le stress, le sommeil.

 

Tableau III : l’évolution dans le temps

C) Evolution

            * début de l'affection entre 20 et 30 ans. Prédominance masculine nette.

            * rarement la douleur change de côté d'une salve à l'autre

            * pas de tendance à la diminution des crises avec l'âge

            * rarement évolution vers la chronicité

 

 

TRAITEMENT DE LA CRISE

En raison du caractère imprévisible le plus souvent brutal et parfois nocturne de l'accès douloureux, le traitement de la crise est très aléatoire.

- Les traitements habituellement préconisés étaient:

            * tartrate d'ergotamine (voie orale, rectale, parentérale) mais risque d'ergotisme puisque

               crises quotidiennes pendant plusieurs semaines.

            * ergotamine par voie nasale (diergo-spray*)

            * inhalation d'oxygène (7 à 10 litres/minute pendant 15 à 20 minutes)

            * décongestionnant nasal

- Actuellement intérêt majeur des triptrans

            * Sumatriptan: Imigrane* injectable +++

                                    Imigrane* voie nasale ++

            * Naratriptan : Naramig* 2,5 mg comprimé

  • Zolmitriptan: Zomig* 2,5 mg comprimé

 

TRAITEMENT DE LA SALVE

Dès la survenue des premières crises qui annoncent une salve un traitement prophylactique doit être entrepris.

Nous ne citerons que les médicaments qui ont fait la preuve d'une efficacité certaine:

            l) Antisérotoninergiques:

            - Pizotifène : Sanmigran* 2 à 3 cps le soir au coucher, en une prise

            - Methysergide: Désernil* 2 à 3 cps par jour, voir plus

            2) Inhibiteurs calciques:

            - Verapamil: Isoptine* 120 à 240 mg, 2 à 3 fois par jour

            3) Corticoides (indication beaucoup plus rare à l'heure actuelle):

            - Prednisone : Cortancyl* 40 mg par jour

Le traitement de fond est prescrit pendant l à 2 mois, c'est à dire la durée habituelle de la salve.


TRAITEMENT DE LA FORME CHRONIQUE

l) Lithium: Téralithe*. Posologie progressive adaptée  aux dosages de la lithémie (atteindre 0,8 à 1 mmol)

2) Alcoolisation ou thermocoagulation du ganglion spheno-palatin (sous contrôle scopique).